Ils sont passés où les losers?

Ils sont passés où les losers?
Photo by Hutomo Abrianto on Unsplash
Rassurez-vous il ne s'agit ni là d'un pétage de plombs ni d'un titre pute-à-clics.
Il s'agit là d'une vraie question.
Une vraie question que je me suis posée.
Une vraie question que je continue de me poser.

Il est 12h35. C'est la pause déjeuner. A la place de longues conversations sous fond d'intimité avec mes collègues bienheureux, je décide de me poser tranquillement devant mon PC, fourchette à la main en écoutant un Podcast. 


Tout le monde en parle. C'est à la mode en ce moment ! Je me suis même surprise à penser une fois qu'à défaut de vous montrer mon magnifique visage (bah quoi? un peu d'auto-flatterie ne fait de mal à personne :p) j'allais vous faire écouter ma voix qui est tout aussi magnifique d'ailleurs (bon ! je veux bien vous l'accordez ! j'abuse :p).

Donc me voici sur Spotify à la recherche d'un podcast super-mega-motivant. Bon ! c'était après avoir été happée par 2/3 vidéos Youtube (je suis faible, je l'avoue).
Je scrolle à la recherche du parfait podcast (rien que ça !). Il y en a suffisamment pour avoir l'embarras du choix (je vous avais dit que c'est à la mode en ce moment). 

Le truc qui m'a chiffonné c'est qu'il y a une sorte de redondance dans les thèmes podcastés (oui je viens d'inventer le verbe podcaster) : part belle à la réussite et au bonheur de tous.
A première vue, rien de bien dramatique (à part encore une madame je-suis-jamais-contente-et-j'adore-me-plaindre-de-tout-surtout-de-rien ... oui je sais, ça fait long :p). 
Mais quand sur 10 podcasts, 8 vous disent comment faire pour réussir, s'affranchir de la malédiction salariale, devenir entrepreneur sous fond d'histoires d'hommes et de femmes à la réussite qui met presque mal à l'aise, moi je vous dit qu'il y a de quoi s'interroger (vous n'êtes pas d'accord?).

Société 2.0 (oui oui c'est la faute d'Internet ... encore !)

Je crois que cet argument donne la gerbe maintenant. Tellement il a été machouillé, gobé, recraché, remachouillé, etc. 
Pardonnez-moi mais je crois qu'il a toute sa place dans cet argumentaire.

Notre génération a connu la révolution digitale. Avec Internet, le nombre de milliardaires et de millionnaires a explosé (demandez à nos amis les Chinois, ils pourront témoigner). 
Et dans une société hyper connectée où chacun a accès à la vie de l'autre en Premium et en illimité, on se dit pourquoi pas nous (n'est-ce pas?). 
On veut être comme le voisin qui n'a plus de patron chauve, bedonnant et fort relou, qui vit de sa passion et qui a l'audace de se lever à 11h00 chaque matin (cliché ! cliché ! cliché !). 

Aujourd'hui, tout le monde veut être successful. Mais ce qui est drôle c'est que la définition du succès de notre génération vient d'une pensée finalement assez cloisonnée : réussir aujourd'hui revient à vivre de sa passion qui revient à être à son propre compte qui revient à être un dieu du digital (mouais ... c'est à peu près ça).
Donc, en conclusion : Société 2.0 => Révolution digitale => Succès facile => Moi aussi, je veux ça !




EDIT du 24/08 (en sachant que l'article a été rédigé le 22/08) : J'ai continué ma quête et je suis tombée sur Siham Jibril et son podcast Generation XX. Loin d'avoir été séduite par la colonne vertébrale du podcast, c'est l'interview de Mariame Tighanimine qui a tout chamboulé (et c'est vraiment peu de le dire ! Je me suis sentie moins seule tout d'un coup). Et il faut que vous écoutez (après avoir terminer la lecture de l'article hein :p

Une seule phrase que j'ai retenu : << L'échec est un succès qui se passe mal>> Mariame Tighanimine. Le podcast est long (1H) mais quelle personnalité ! 

Société parfaite

Si vous n'avez pas emménager pendant les 24 derniers mois sur la planète Mars (ou Vénus, ça marche aussi), vous avez sans doute assisté à ce vent de révolution qui soufflait sur l'internet et en particulier les réseaux sociaux (on a connu le printemps arabe, bah là c'était le printemps 2.0) : plusieurs personnes dont un maximum de blogueurs ont fait entendre leurs voix et surtout leur ras-le-bol du "tout parfait"

Si mes souvenirs sont bons, ça a commencé sur Instagram : photos ultra retouchées, maisons ultra rangées, corps ultra beaux ... à croire que les humains étaient devenus des robots qui n'avaient aucune idée du mot erreur (même les robots buguent ... ça arrive).

Aujourd'hui, on vit le culte de la perfection partout. A croire que l'échec a complètement disparu de nos radars.
Tout le monde (propos à nuancer) veut la perfection ou plutôt préfère voir la perfection.




Quand j'ai décidé d'écouter un podcast, pour tout vous dire, j'avais espérer tomber sur l'histoire de gens qui échouent (whaaaaaat !!!!).
Je sais que dis comme ça, ça paraît complètement délirant mais ça n'est pas pour autant moins vrai.

Je traverse une période où je m'interroge sur l'orientation que je veux donner à ma vie. Sans rentrer dans les détails (enfin peut être pas aujourd'hui), je sais qu'au fond de moi je suis complètement flippée. A tel point que je n'ose rien.

Et vous savez, l'homme a ce côté égocentrique qui le pousse à tout ramener à lui, même l'histoire des autres. Donc, je recherchais des personnes flippées comme moi, qui avaient essayé et qui avaient échoué (pourquoi pas après tout?).

Je vois tellement de success stories partout que j'en viens presqu'à croire que ce n'est plus la réalité. Pour moi dans la vraie vie, on essaie, on échoue, on réessaie, on rééchoue et puis parfois ça marche, d'autres fois non.

Je ne remets pas en question le succès de ces personnes, je ne dis pas que c'est mal non plus ; ce que je pointe du doigt c'est le fait que tout l'accent soit mis sur la finalité et pas le cheminement (pour vrai).

J'ai envie d'ouvrir à nouveau Spotify et de tomber sur un podcast intitulé "vis ma vie de loser" :p

Ils vous manquent aussi les losers (lol)? Comment définissez-vous le succès? Un podcast spécial losers, ça vous tente?

Épingle cet article sur Pinterest pour le retrouver plus tard ! 

Ils sont passés où les losers?




14 commentaires

  1. Malheureusement, des histoires d'échec il y en a plus qu'on veut bien le croire... un ex qui a racheté une jardinerie, et qui s'est retrouvé endetté comme pas deux parce qu'il a fait faillite... mon beau-père qui a cherché à construire une ferme biologique, mais qui s'est retrouvé piégé par le financement ridicule qu'imposent les normes d'hygiène et de mise à niveau pour être simplement considéré comme "bio"... et j'imagine que si ce ne sont jamais ces personnes qui créent des podcasts, c'est parce qu'une fois qu'elles ont échoué, elles ont tellement perdu qu'elles ne veulent plus réessayer. Et peu de monde veut écouter un podcast qui promeut le fait de rester sur un échec. Je comprends le fond de ta pensée, et je pense également que beaucoup de ces podcasteurs ne se servent en réalité de ce sujet que comme d'un gagne-pain puisqu'ils savent qu'il y a une forte audience derrière.

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    1. Je suis vraiment désolée pour tes proches !
      Et oui ! l'échec fait partie de tous les succès. Il faut juste continuer encore et encore, croire en soi et s'entourer de belles personnes (ça a l'air facile à dire comme ça mais je suis convaincue que ce sont là les clés du succès).

      je te rejoins sur l'idée de "profiter de...". Je crois aussi que certains des podcasts actuels essaient de "surfer" sur cette vague des podcasts de success people. Et c'est vraiment pitoyable.
      Pour tout te dire, la plupart des podcasts m'ont ennuyé : on met en lumière qu'un certain type d'entrepreneurs, on passe sous silence les vrais détails, ... NEXT !

      Je crois que quelque part, je n'attendais que l'interview de Mariame Tighanimine qui m'a reboosté comme pas possible (d'ailleurs, je te conseille vivement de l'écouter si ce n'est pas déjà fait ^^).

      En tout cas vive l'échec (et les personnes qui savent en tirer le bon et rebondir)!

      P.s : Je souhaite de tout coeur que tes proches arrivent à passer ces étapes et à s'épanouir pleinement dans tous les aspects de leurs vies.

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    2. Haha ne sois pas désolée comme ça, on dirait qu'ils sont morts ! XD
      Ce n'est pas grave tu sais, ils ont tenté, bon, ça n'a pas marché. C'est comme ça ! On ne peut pas non plus forcer les gens à persévérer sur une route qui a une chance sur deux de ne mener nulle part. Mais oui, vive l'échec et les leçons de vie qu'il nous donne ! <3

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    3. C'est sûr qu'ils ne faut pas s'entêter quand il n'y a plus aucune issue envisageable.
      En tout cas j'espère qu'ils ont trouvé leurs voies :)

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  2. Hello ! Je ne suis pas fan des podcats, comme je passe mes journées à écouter, j'aime plutôt lire ! Et pourquoi pas lire un article sur les losers ;)

    Je suis plutôt contente de tomber sur ton article qui sort du lot dans la blogosphère ! En ce moment, il n'y a que des articles sur la rentrée et comment "bien la vivre" (à savoir qu'il faut apparemment BIEN dormir, BIEN manger son dej', avoir une BELLE tenue de rentrée et de SUPERS surligneurs. Sans blague ?!). Donc même si je ne suis pas fan des podcats, je découvre ton univers et j'apprends quelques choses de nouveau donc MERCIIIII !!

    A bientôt,
    Line de https://la-parenthese-psy.com/therapie/la-zootherapie/

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    1. Je crois que si on arrive à lire entre les lignes, on se rend bien compte que je ne suis pas non plus une très grande fan des Podcasts.

      Il vaudrait mieux voir le podcast, ici, comme un vecteur qui me permet d'illustrer ma pensée.
      J'aurai très bien pu parler des photos sur Instagram, des images sur Pinterest, des vidéos sur Youtube pour arriver au même constat : il y a un certain culte de la perfection de nos jours. Tout est absolument lissé avant d'être largement diffusé.
      C'est ce que je dénonce !

      Parce qu'à y bien réfléchir, on se rend compte que finalement tout n'est que mensonge ! Et c'est bien dommage !
      J'aspire à plus de vrai que ce soit sur la toile ou partout ailleurs. Il faut dire la vérité, haut et fort, qu'elle soit belle ou pas (d'ailleurs je pense que la vérité est toujours belle ... juste parce qu'elle est vraie).

      P.s : j'ai déjà fait un article de rentrée l'année dernière donc j'essaie de me renouveler chaque année ahah
      P.s bis : Des articles sur les losers? Volontiers !

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  3. En général je ne suis pas fan des podcasts, car je les trouve trop longs...
    Mais tu as raison. On ne parle que du succès, de la célébrité, untel qui a réussit cela "à la seule force de son caractère et volonté" (hum hum), etc.
    C'est comme tous les articles sur le bonheur. Déjà, qu'est-ce que le bonheur ? Et pourquoi le chercher à tout prix ? Que feront nous quand nous "l'auront trouvé" ? On mourra car on saura qu'on ne pourra pas être plus "heureux" ? Je ne crois pas que le bonheur soit un état d'extase permanent, c'est impossible, mais un ensemble de petites actions.

    On dirait qu'on veut nous montrer que nous ne sommes pas parfaits, ce qui est vrai, mais qu'il faudrait l'être. Sauf que c'est impossible. Nous sommes HUMAINS, m**** !
    Et puis il y a une grosse part de paraître dans tout ça je pense. Quelqu'un qui a hyper bien "réussi professionnellement" peut ne pas être hyper épanoui, mais il doit faire comme si. C'est un peu dans la tendance. Comme de montrer sur les RS que sa vie est parfaite, alors que les gens choisissent de montrer ce qu'ils veulent.

    Mon commentaire est un peu décousu, désolée...
    Bisou<3

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    1. Ah oui la longueur peut rebuter mais parfois quand on tombe sur une interview captivante on ne voit pas le temps passé !

      C'est un très beau parallèle que tu fais là : avec le bonheur. Je songeais justement à écrire un article sur ce sujet.

      C'est vrai que l'idée qui est véhiculée finalement c'est d'être parfait et on se rend très vite compte que ça n'est pas possible. Ce qui crée de la frustration parce qu'on se dit si l'autre "réussit" pourquoi pas nous. Cela fait partie de ses choses que je dénonce aussi quand je parle de culte de la perfection.

      Cela rejoint le fait que notre vie soit autant accessible au travers des RS. C'est pour cela que j'accuse la société 2.0. Tout est lissé pour que cela puisse correspondre à une image montée de toute pièce. Et j'en viens à utiliser le terme "mensonge". Parce que finalement a trop lissé la réalité, elle devient tout sauf réelle.

      Au final, je crois que chacun doit faire la part des choses, agir de manière responsable, prendre ce qui est bon et jeter loin le mauvais, savoir se remettre en question et ne pas croire tout ce qui se dit dans les podcasts ou se lit sur l'internet ... être responsable en somme. Parce qu'au final nous sommes seuls décideurs de ce qui se passe dans notre vie ...

      P.s : Ne t'inquiète pas ! Ton commentaire était plein de bon sens et complet. Plusieurs parallèles peuvent être établis en partant de ce sujet et tu l'as parfaitement réalisé ;)

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  4. Ton point de vue est très intéressant, et très vrai. Je crois qu'il existe tout de même des comptes instagram ou des chaines Youtube de vraies personnes qui osent parler de ce qui ne va pas toujours bien. Mais c'est vrai qu'il faut les trouver, ils sont rares. Peut-être que tu pourrais en parler plus, toi ? En tout cas, on a besoin de plus de vérité, ça c'est clair.

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    1. J'aimerais pouvoir offrir ce "moment de gloire" à ces personnes ... en toute humilité bien sûr ! Mais encore faut il les trouver, comme tu l'as si bien dit.
      J'avais lu un article de Clémentine du blog "Au café des fougères" qui racontait comment elle avait "renoncé" à son projet d'entreprise et je me souviens que j'avais trouvé ça très courageux surtout dans une société qui est axée totalement sur le "success story" à outrance.
      Je dois dire que quelque part ça m'a rassuré.
      J'espère pouvoir faire la rencontre de ces personnes qui ont osé oser très bientôt !

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  5. Que cet article est juste !
    C'est vrai qu'on est entouré d'injonctions au succès, à la beauté, à la perfection dans tous les domaines qui soient. Je ne suis pas consommatrice de ce genre de contenus et pourtant, il est difficile d'y échapper, que ce soit par des photos toujours parfaites ou par des titres invitant à toujours faire/être/vivre mieux. Et je trouve ça pesant. On ne peut plus se renseigner sur un sujet de la vie quotidienne sans tomber sur des articles qui te font sentir que tu es bien naze. (Perso, j'ai des sujets de préoccupations assez prosaïques, genre mon chien. Et je n'arrête pas de lire des articles qui te disent qu'il faut lui faire sa bouffe toi-même, et le promener trois fois par jour, et ci et ça, et si tu ne le fais pas - c'est-à-dire vivre uniquement pour le chien -, "pourquoi prendre un chien ?".)
    En tout cas, le fait de se sentir flippée et bloquée, je connais bien.
    Donc les losers sont toujours là, sauf qu'ils se font discrets, il faut croire...

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    1. Dans ce cas, il faut de toute urgence qu'on aille les faire sortir de leurs tanières ! (Qui vote pour?)

      Un grand merci pour ton retour d'expérience. Je croyais être la seule à trouver ça "dérangeant" de voir des success stories partout. Et comme tu le dis si bien c'est carrément des injonctions au succès.
      On a presque plus le droit d'échouer ou de faire de simples erreurs voire de vivre tout simplement.
      C'est gavant à force.
      J'espère que dans les jours / semaines / mois / années à venir les gens seront plus à l'aise à parler d'échec, de leurs échecs, de choses pas forcément toujours jolie-jolies mais tellement vraies.

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  6. Ouiiiii ! Losers de tous les pays, unissez-vous !
    (Sinon, d'accord avec ce que tu dis. Du coup, j'essaie plus de fuir tout ça parce que l'échec et l'imperfectibilité ne semblent pas être dans l'air du temps...)

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    1. Ah Ah Ah ! J'adore ! (en espérant qu'ils répondent à cet appel rempli d'entrain ;) )

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Je suis certaine que vous avez quelque chose à dire.
Alors, la parole est à vous !